Le billet de Lena, promenade dans le Loiret.

Le Grand Courtoiseau mai 2018

Dès potron-minet nos 40 vaillants amoureux de jardins étaient prêts à embarquer dans notre beau bus rouge, bien munis de tous les accessoires recommandés par Marie-Thérèse dans l’invitation, pour parer à la pluie, aux terrains boueux, au pique-nique et bien sûr de son sac à son nom pour les achats de plantes. En effet si l’expédition prévoit la visite de 2 très beaux jardins, il y aura, en cerise sur le gâteau, l’arrêt dans une pépinière de qualité.

Le Grand Courtoiseau

Après l’autoroute, une petite route sinue entre les champs de luzerne et de blés déjà blonds de la Beauce, traverse des bourgs aux maisons typiques avec leurs encadrements de fenêtres en briques rouges et brunes. Pile à l’heure nous freinons devant l’entrée d’un petit chemin qui ne laisse rien entrevoir des merveilles du lieu. C’est l’entrée du « Grand Courtoiseau », jardin remarquable (label décerné par le Ministère de la Culture) qui fait partie de la « Route des jardins d’exception en Val de Loire »

Le Chef jardinier nous accueille, au seuil de la grande allée de buis et d’ifs très structurés, par un petit topo sur l’histoire des lieux. La place forte d’origine, du XIV° siècle, remaniée au XVII° dans sa forme actuelle de manoir évolue au grès des changements de propriétaires dont assez récemment Hervé Bazin. 1881 voit naître sa serre et son jardin d’hiver. C’est en 1991 que débute la restructuration des jardins  en essayant de retrouver l’esprit de l’époque : pouvoir vivre en autarcie grâce à des jardins potagers, fruitiers et d’agrément. Abandonné puis laissé en friche, c’est en 2012 qu’un couple de parisiens tombe sous le charme du lieu, le rachète et décide de redonner vie au manoir et au parc qui l’entoure, avec un chef jardinier et un aide, selon des méthodes en accord avec la nature. 6 ha : 8 jardins, 8 tableaux tous différents, en harmonie avec l’architecture des lieux, avec un fil conducteur : l’eau et le parfum, 100 essences d’arbres, 300 variétés de plantes

Les haies d’ifs créent des perspectives incitant à aller découvrir les massifs où se succèdent les floraisons bleues des népétas, jaunes des hémérocales, roses ou blanches des rosiers. Le murmure de l’eau accompagne nos pas à la découverte du jardin à la française avec ses carrés de buis bien taillés encerclant des rosiers blancs, des cornus Kousa, du jardin d’eau à l’italienne créé dans d’anciennes douves où une succession de bassins se déversent l’un dans l’autre, bordés de manière informelle d’iris, d’heuchères, d’astilbes ou d’hostas. Le long d’une autre douve, de hautes futaies de bambous et d’hydrangeas recréent avec l’humidité de l’eau l’ambiance tropicale d’un jardin exotique. En sous-bois un cheminement bucolique est tracé au milieu d’une végétation dense, un peu impressionnante, d’hydrangeas, de filosas, d’érables aux couleurs aquarellées qui seront magnifiques à l’automne. Deux statues récupérées et équilibrées par des arbustes forment le jardin des antiques. Pour clore le tout, le miracle d’une allée de tilleuls de 300 ans, qui a échappé à la tempête de 89, nous mène au verger où poiriers, pommiers, cerisiers, néfliers, donnent en perspective l’impression que le jardin ne s’arrête pas. La cour du Manoir avec sa façade ornée de rosiers grimpants, sa fontaine bordée de népétas, sa serre, accueille la fin de notre périple au sein de ce merveilleux ensemble thématique. Cette promenade pleine d’un charme paisible au milieu des bassins, des fontaines, des roses anciennes a enchanté le regard et l’ouïe, elle invite à la rêverie.

Le chef jardinier très généreux qui aime les rencontres, les échanges d’expériences et partager, nous a fait une très sympathique visite.

 

Le jardin des Rondeaux

Le jardin des Rondeaux mai 2018 2

Le jardin des Rondeaux et ses propriétaires jardiniers nous attendent. C’est tout autre chose que nous visitons : une ancienne friche en bordure de forêt d’Orléans transformée avec bonheur en jardin à l’anglaise ! 7.500 m2 où le propriétaire Gérard Aubel, jardinier, horticulteur de formation, passionné,  crée un jardin naturel en ilots où se côtoient 1.000 à 1.500 espèces de végétaux peu courants.

De belles allées engazonnées tournent autour des massifs tous différents, au style très anglais, colorés et parfumés, où les plantes toutes remarquables sont mélangées et groupées avec soin, inventivité et harmonie. Une des allées entoure une petite mare où le chant des grenouilles se mêle au clapotis de l’eau. Au fil des déambulations, le propriétaire nous fait découvrir ses collections d’arbustes et de vivaces : euphorbes, hydrangeas, hostas, ligulaires, heuchères, cornus, kniphofias, viburnums. Il décrit ses plantations avec une passion qu’il nous transmet aisément. La variété des couleurs mais aussi des feuillages donnent à ce jardin une vision très impressionniste. Nous terminons par la roseraie où les grimpants couvrent une longue pergola de bois.

Quelques astucieuses, aussi passionnées que le propriétaire, arrivent à le charmer et repartent avec un précieux trophée de vivace sortie de sa serre, prenant ainsi un peu d’avance sur l’étape suivante, la pépinière.

La pépinière du Chatel des vivaces

C’est avec plaisir que nous retrouvons à Grivaines Pascal Met qui nous avait donné en début d’année une très intéressante conférence sur les graminées et les bambous.

Si la pépinière est spécialisée dans les bambous surtout non traçants, elle produit également 800 variétés de plantes vivaces pour le bonheur de nos jardiniers et jardinières

Chacune avec son panier ou son petit chariot se précipite dans les serres pour faire son choix ! Y en aura-t-il pour tout le monde ? Probablement, vu l’étendue  de la pépinière : 2,5ha et plus de 70.000 plantes vivaces, plantes aquatiques et graminées en godets! Mais sait-on jamais, car même si tout est attirant, toutes veulent les mêmes variétés ! C’est le bonheur si l’on en juge à la fin par la queue pour payer les nombreux achats. Chacune met ses trésors dans son sac ou plutôt ses sacs dans la soute du car, ce qui ne fait pas du tout par contre le bonheur du chauffeur qui ne s’attendait manifestement pas à cela.

Il n’y a plus qu’à regagner les Yvelines, les bras chargés et de grands programmes de plantation en perspective.

La queue à la caisse et la Présidente fait du rangement….

Héléna Rollet

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